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  • Les nouveaux territoires : moteurs du développement local ?

    Quelles contributions des financiers, contrôleurs de gestion, managers et évaluateurs à cet objectif ?
  • Edito

    La République décentralisée a adopté ces dernières années un nouveau visage.

    Régions et intercommunalités voient leur nombre réduire et leurs compétences augmenter. Des communes nouvelles émergent. Les départements, pris en tenaille par les évolutions connues par le bloc communal et l’échelon régional, restent le seul point de repère encore stable dans ce paysage mouvant, mais pour combien de temps encore ? : certains n’excluent pas de fusionner ou mettent déjà en œuvre des opérations de mutualisation avec leurs voisins.

    Au-delà de l’hypothétique contribution à la réduction des dépenses publiques, cette nouvelle configuration a un but affiché : mettre les bonnes compétences à la bonne échelle, pour que nos collectivités puissent s’imposer comme des locomotives légitimes et efficaces du développement et de l’aménagement des territoires.

    Les solidarités territoriales doivent également être appréhendées à l’aune de la capacité des personnels à mettre en œuvre les nouvelles politiques décidées par les exécutifs et à assurer les missions de service public. Le succès de la réforme territoriale s’appuie sur la réorganisation des services, le dialogue social et l’accompagnement individuel des agents. Elle est l’occasion de leur proposer de nouvelles opportunités de carrières et d’évaluer les statuts et régimes indemnitaires afin d’aboutir à une harmonisation médiane globale dans un cadre budgétaire contraint.

    En cette période, le rôle des financiers, contrôleurs de gestion, évaluateurs et managers est plus que jamais fondamental :
    il leur revient de mettre les services opérationnels dans les meilleures conditions pour réduire les coûts incontournables de la transformation et pour maximiser les gains attendus de l’adéquation des collectivités aux territoires.

    L’analyse des effets des politiques publiques jusqu’alors mises en œuvre et des jeux d’acteurs, la recherche d’évolutions pertinentes et utiles, la rigueur des méthodologies adaptées, les démarches de sensibilisation et de participation des publics concernés, font de l’évaluation un élément-clef de la réussite des nouvelles institutions.

    Dans le même temps, aider à la redéfinition de politiques publiques efficaces et efficientes et aux réorganisations correspondantes, analyser l’impact des politiques d’investissement et contribuer à la définition optimale de véritables stratégies d’actions dans les territoires, impliquera le contrôle de gestion dans toutes les dimensions qu’il a acquises au sein du secteur public.

    Enfin, dans un contexte budgétaire contraint marqué par l’incertitude et les tensions liées aux différences de situations territoriales, la fonction financière sera en première ligne pour construire de véritables outils au service d’une stratégie financière et fiscale partagée et d’une solidarité active mais aussi, plus prosaïquement, pour anticiper et renforcer les marges de manœuvre budgétaires au bénéfice des projets des mandats en cours.

    Bref, face à un avenir incertain et largement imprédictible, la solidité de nos métiers, qui repose sur une histoire déjà longue et sur une quête permanente d’apprentissage, est un atout de premier rang pour la réussite des territoires.

    Ces XXIIèmes Assises doivent plus que jamais permettre de réfléchir à ces enjeux, à notre rôle dans ce mouvement de changement perpétuel et de partager les meilleures expériences de nos métiers.
     
    Françoise FLEURANT-ANGBA, Présidente de l’AFIGESE